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Envie de changer ? 10 pistes pour repenser sa carrière

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C’est un classique de la rentrée. Le temps de poser les valises, de troquer mocassins contre tongs, de songer à reprendre le chemin du boulot et le doute ressurgit : a-t-on fait le bon choix de carrière ? Comment rectifier le tir ? Petit guide, en 10 points afin d’accompagner positivement les mille et une interrogations de septembre !


Certains déclarent à l’âge de 10 ans qu’ils seront médecins pour soigner les malades ou encore avocats pour défendre l’orphelin. Ils le deviennent et sont heureux. Mais la plupart d’entre nous vivons des moments de doute : ai-je subi “le bagne” des prépa scientifiques pour devenir ingénieur afin de faire plaisir à papa/ maman ?

De quelle façon le choix de cette carrière s’est-il imposé à moi ? Ai-je été poussé vers ce boulot ou l’ai-je volontairement choisi ? Pourquoi ne part-on pas toujours de soi pour choisir un emploi ? Pourquoi laisse-t-on les évènements choisir pour soi ? A partir de ces dix commandements, apparaissent quelques débuts de réponse.

1. Connais-toi, toi-même !
Seuls, nous parvenons rarement à y voir clair sur nos goûts, nos forces, nos aptitudes. L’évaluation par les pairs est un des meilleurs indicateurs du profil d’une personne. Si on le peut, il ne faut pas hésiter à interroger ceux qui nous ont côtoyés pendant les années du travail, qui ont été témoins de nos pires et de nos meilleurs moments. La famille et les amis sont une autre source de référence. On peut également consulter un psychologue, coach ou autre spécialiste de gestion de carrière qui, contre espèces sonnantes et trébuchantes et, moyennant des batteries de tests, va nous aider à établir un bilan personnel, à brosser notre profil professionnel et à déterminer le job qui nous sied le mieux… Il faut quand même s’armer de vigilance et de clairvoyance et ne pas laisser un test décider de notre avenir…

2. Ecoute ta passion !
Un adage, peu mis en pratique, claironne : “Suis ta passion, l’argent suivra !”. Le commun des mortels applique l’exact contraire de l’adage et envisage un choix de carrière en fonction de l’offre du marché de travail. Mauvaise approche ! Bon, allons-y franco, posons la question à mille dollars : quel métier exercerions-nous si nous étions indépendants financièrement ? Quand on a une passion, nous expliquent les psy, c’est qu’un besoin quelque part doit être comblé. Malheureusement, nos passions sont souvent biaisées par une mauvaise orientation scolaire, par la main mise de parents trop soucieux de nous garantir un avenir professionnel radieux - i.e emploi garanti à vie - ou encore étouffées par la peur de l’échec. Or, ce qu’on oublie souvent, c’est que les peurs disparaissent une fois confrontées ! Beaucoup de limites ne sont qu’illusions. La nature étant bien faite, si on ne la bâillonne pas, elle ancre en chacun(e) de nous un arrimage subtil entre les talents naturels et les passions. Et la passion est un puissant moteur de réussite.

3. Mesure le chemin parcouru !
Les spécialistes ont répertorié 5 étapes qui jalonnent notre parcours professionnel :
L’apprentissage. Au début d’un emploi, on met les bouchées doubles. On est motivé, prêt à apprendre. Le soir, on ressent une fatigue somme toute acceptable voire agréable car liée au sentiment d’avoir progressé. La maturation des habilités. Les erreurs se font plus rares. On accomplit un meilleur travail, qui nous demande moins d’énergie qu’au début. A la fin de la journée, on est fier de ce que l’on a accompli.

La maîtrise des tâches. On atteint le sommet de son art. On a développé tous les réflexes du métier et on donne un excellent rendement avec un minimum d’efforts. On déborde toujours d’énergie et on discute de son travail avec passion.

La remise en question. On maîtrise bien ses tâches mais on n’apprend plus grand-chose. On ne sait plus comment canaliser l’énergie qu’on utilisait pour apprendre. L’enthousiasme diminue et le doute pointe… Comme on fournit encore un excellent rendement, c’est l’étape idéale pour faire le point.

Le désintérêt. Pour toutes sortes de raisons, bambins, conjoint, crédits de consommation, etc. on n’a pas écouté la sonnette d’alarme qui s’est déclenchée (étape précédente). On s’est convaincu que le manque d’enthousiasme n’était que passager. On ne s’est pas interrogé suffisamment sur le besoin d’un nouveau défi. Alors on continue à travailler mécaniquement, sans entrain. On finit par ne plus retirer de plaisir de son travail. Conséquence directe : le rendement baisse. Corollaire : baisse de l’estime de soi. Un sentiment d’insécurité se fait jour dans nos tréfonds. Une mise au point s’impose. Certains décident alors de tout balancer. D’autres résistent because conjoint, bambins,

pouvoir d’achat à plat ventre. Après réflexion, certains salariés arrivent à retrouver l’enthousiasme en changeant simplement de poste à l’intérieur de la même boîte. D’autres, veulent apprendre un autre métier ; une formation leur permet de se retrouver à l’étape 1 du chemin… Chacun son choix mais pour tous un impératif : il faut analyser les sources du malaise.

4. Vérifie l’alchimie…
Le malaise ressenti au point 3 peut provenir d’un défaut d’alchimie. L’alchimie ici relève d’une harmonie entre nos valeurs et celles de l’entreprise. Trouver du sens à son boulot, c’est aussi adhérer à la culture de son entreprise. Autrement, on se condamne à jouer un rôle. Mentir aux autres et à soi-même, c’est épuisant. Surtout si cela engendre un conflit avec sa nature profonde. On ne peut pas toujours jouer les durs quand on est des tendres. Beaucoup de gens ont peur d’exprimer ce qu’ils sont, expliquent les psychologues.

C’est pourtant ce qu’il faut faire pour avoir une belle carrière, que le taux de chômage soit à 5%, 10 ou 20% ! A trop essayer de se mouler dans un poste qui ne correspond pas à ce qu’on est, on s’épuise ! A force de ne pas être soi-même, on se vide et on se perd…

Un moyen de déceler la culture et les valeurs de l’entreprise : l’entrevue d’embauche. Lors de l’entrevue, l’alchimie est le point le plus important à vérifier. Il faut poser des questions et se fier à son intuition pour vérifier s’il existe des atomes crochus entre soi et l’entreprise. Poser des questions sur l’autonomie des employés, sur la participation aux décisions, sur la formation, sur la relation avec la clientèle permet de saisir l’atmosphère de travail d’une organisation et le style de gestion du patron.

Par delà les mots, on peut déduire la façon dont le patron conçoit les relations interpersonnelles
et professionnelles. Une entrevue est une rencontre d’affaires. C’est d’autant plus vrai qu’on n’est pas à son premier job et qu’on s’inscrit dans un process de changement de cheminement de
carrière. Il faut jeter un autre regard sur l’entretien d’embauche : on ne vient pas quémander un travail, mais offrir des prestations. On a des choses
à offrir et on exprime ce qu’on attend d’un patron. Si l’alchimie ne prend pas, il faut savoir dire non. Même si le poste semble intéressant, la rémunération alléchante, il faut savoir dire non si l’incompatibilité est flagrante.

5. Trouve l’équilibre entre vie privée / vie professionnelle
Il n’ y a pas une mais plusieurs façons de trouver l’équilibre. Celui-ci varie selon le tempérament de chacun et selon les périodes de la vie. A 25 ans, on peut trouver son équilibre dans un métier qui nous accapare 60 heures par semaine. A cet âge, on a tout à apprendre, tout à prouver et on déborde d’énergie. Puis vient le premier chérubin. Alors on redistribue les heures : un peu moins au boulot, un peu plus au cocon familial. Quand ce n’est pas possible, bonjour la tension et le stress. Parfois, il faut du courage pour respecter son équilibre de vie. Et ce n’est pas toujours la faute d’un employeur trop exigeant. On peut aussi faire de l’excès de zèle par déficit de confiance en soi ou par une défaillance au niveau organisationnel…

6. Ose choisir !
Chaque nouvel emploi se construit sur le précédent. C’est un fait. Mais quand on veut tenter une nouvelle aventure, il faut ouvrir grand la porte aux rêves, fouiller dans ses souvenirs, se laisser porter par son imaginaire. Il sera toujours temps d’atterrir sur le plancher des vaches ! Pour le moment, place au rêve ! Il faut s’écouter sans tricher : qu’est-ce qui m’attire le plus dans un travail ? Quel est le fil conducteur de ma vie ? Quelles sont les constantes qui se retrouvent dans tous les emplois que j’ai occupés ? Des réponses honnêtes brossent un portrait de ce qu’on est.

Exemples de réponses : “Dans tous les emplois que j’ai occupés, malgré des situations différentes, j’ai toujours cherché à travailler seule, que les prestations attendues par ma hiérarchie dépendent le moins possible d’un travail en équipe.

Je m’éparpille, j’ai du mal à me concentrer dans un groupe de plus de deux intervenants” ou encore “j’ai toujours recherché un contexte où je pouvais faire des évaluations. Mon fil conducteur, c’est l’investigation, c’est ce que j’aime faire.” “Je suis bien plus à l’aise lorsqu’il s’agit de manier des idées que lorsqu’il s’agit de jongler avec des chiffres”…

7. Sois vigilant(e)
Il est plus facile de se trouver un emploi quand on est actif ! Quand on a désespérément besoin d’un emploi immédiat pour faire face à l’alimentaire, quand on a perdu toute estime de soi à force d’effectuer un travail qui ne nous convient plus, difficile de trouver la sérénité d’esprit nécessaire à une recherche d’emploi intelligente. Moralité : mieux vaut voir venir.

On se tient prêt à effectuer un virage en maintenant ses connaissances à jour. Une bonne façon de laisser les portes ouvertes sur l’avenir, c’est d’exploiter au maximum les occasions d’apprendre, une autre est de nourrir son réseau. Le principal outil en matière de recherche d’emploi est effectivement le réseau de tous ces gens que nous connaissons : anciens camarades de fac, anciens collègues de travail, clients, voisins, fournisseurs. Les rencontres sur la toile ne sont pas à négliger non plus.

On nourrit son réseau de contacts chaque fois qu’on participe à des colloques, des congrès, des ateliers de formation. Les gens dont la carrière évolue dans le bon sens sont des gens branchés !

8. Pars au bon moment
Comment savoir si le moment est venu de changer ? Il faut commencer par potasser le point 4. Récapitulons quelques signaux d’alarme : quand on n’apprend plus ; quand la tâche devient trop mécanique ; quand on peine à se tirer du lit pour aller au boulot ; quand on est en désaccord avec sa boîte, avec son boss sur des questions fondamentales.

Ouvrons ici une parenthèse pour méditer une… évidence ! Le refus de bouger est pavé de bonnes intentions : on a ses habitudes, on n’est davantage sûr(e) de ses compétences, on est habitué à ses collègues même si au fond, on ne les apprécie pas tous tant que cela, tellement on est imprégné(e) du fameux : “Ma t’badal sahbek ghir bima kfass”.

La vérité est qu’on a peur du changement. Il est alors temps de marteler une lapalissade : “Il est plus insécurisant de vivre sa vie que de ne rien faire”… et une deuxième pour retourner le couteau dans la plaie : “L’homme n’a pas été programmé pour être heureux mais simplement pour survivre et que bien souvent, ce qui lui permet de survivre l’empêche d’être heureux.” La bonne nouvelle est que certain(e)s ont réussi à casser le cercle vicieux…

9. Quitte ton emploi avec élégance
Les spécialistes sont unanimes : le dernier endroit où l’on travaille représente notre plus importante référence, surtout si on y est depuis longtemps. Il faut partir avec élégance, la tête haute. Le meilleur moyen d’y arriver, c’est de soigner, à l’amont, ses relations interpersonnelles avec tous les rangs de la hiérarchie.

10. On n’y arrive toujours pas ?
Si on n’est plus heureux (se) là ou on est et qu’on se sent incapable d’entamer le processus de changement d’emploi pour x raisons ? A la veille d’une préretraite, on peut se trouver des excuses. Mais si on en est loin, si on est jeune, il faut reprendre les 9 commandements sus-cités ! Rien à faire ? Le pli est pris !? Il faut passer en revue ses intérêts personnels.

L’objectif de l’opération est de trouver une façon de s’accomplir ailleurs qu’au boulot. Si on en croit les spécialistes, la pilule est alors plus facile à passer, le deuil de trouver le job pour lequel on est né(e) se met en branle, on apprend alors à s’en détacher tout en créant quelque chose de nourrissant ailleurs…

Nos remerciements les plus vifs à Jacques Salomé, psychosociologue, à Amal Tahri, ex DRH à la trésorerie du royaume et à Chantal Emran, psychologue à Rabat qui ont gentiment apporté leur contribution à l’élaboration de ce papier en répondant patiemment à nos questions et en partageant avec les lectrices et lecteurs leur expérience terrain.


 



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