L'accélération de l'inflation partout dans le monde et la stagnation économique dans de nombreux pays riches rendent le travail des banquiers centraux impossible. Les taux d'intérêt réels (hors inflation) sont négatifs, tandis que de nombreux pays sont confrontés à l'éclatement de bulles spéculatives sur les actifs. Sortir de cette impasse prendra des années.
Les banquiers centraux du monde entier sont confrontés à un dilemme : baisser les taux d'intérêt pour stimuler la demande ou les augmenter pour combattre l'inflation. Les banques centrales de la zone euro et d'Angleterre ont choisi de s'attaquer à l'inflation, celles des Etats-Unis et du Japon d'éviter la récession.
La croissance de la masse monétaire a été particulièrement rapide en raison de l'action des banques centrales pour stopper les effets de la crise financière.
Une politique monétaire neutre sur l'inflation présente des taux réels d'environ 2 % à 3 %. On en est loin et la politique monétaire mondiale reste exceptionnellement expansionniste. D'un autre côté, la faiblesse économique est réelle. Les perspectives de croissance aux Etats-Unis sont mauvaises, après le rebond de juillet consécutif aux mesures fiscales. La zone euro et le Japon ont enregistré de leur côté une baisse de leur produit intérieur brut.
Les baisses récentes des prix des matières premières pourraient produire des effets. Mais avec des conditions monétaires aussi souples, rien ne garantit que les cours actuels du pétrole et des matières premières se maintiendront.
Une éventuelle stabilisation du prix des maisons et une inflation persistante pourraient amener les banques centrales à renverser la tendance et à augmenter leurs taux à un niveau restrictif, c'est-à-dire de 4 % à 5 % au-dessus de l'inflation. Mais cela causerait une rechute de l'activité. Dans les temps qui viennent, le métier de banquier central ne sera pas une sinécure.
| < Préc | Suivant > |
|---|
























