Le ralentissement de la croissance mondiale, qui s'est amorcé l'été dernier, devrait se poursuivre au second semestre de 2008, avant qu'un redressement timide ne commence à se dessiner en 2009.
D'après le FMI, la croissance mondiale est descendue à 4,5% au premier trimestre de 2008, contre 5% au troisième trimestre de 2007, l'activité ayant marqué un repli tant dans les pays avancés que dans les pays émergents. Les indicateurs récents laissent prévoir une nouvelle décélération de l'activité au second semestre de 2008. Dans les pays avancés, le moral des entreprises et des consommateurs continuent de baisser et la production industrielle a encore fléchi. On relève aussi des signes de tassement de l'activité dans les pays émergents. En conséquence, les projections font état d'un fléchissement de la croissance mondiale : de 5% en 2007 elle passerait à 4,1% en 2008 et 3,9% en 2009. Aux États-Unis, la croissance ralentirait jusqu'à 1,3% en 2008 en moyenne annuelle, la prévision antérieure ayant été révisée à la hausse au vu des résultats du premier semestre.
Cependant, l'économie devrait se contracter légèrement au second semestre, la consommation étant freinée par l'augmentation des prix du pétrole et des produits alimentaires ainsi que par le manque de crédit, avant de commencer à se redresser progressivement en 2009. Les projections de croissance pour la zone euro et le Japon font aussi état d'un ralentissement de l'activité au second semestre de 2008. Dans les pays émergents et en développement, l'expansion devrait aussi perdre de sa vitalité. D'après les projections, la croissance de ces pays devrait diminuer pour s'établir autour de 7% en 2008-09, contre 8% en 2007. En Chine, la croissance devrait redescendre autour de 10% en 2008-09, après avoir atteint près de 12% en 2007. Il ressort du scénario de référence révisé que les risques pesant sur les perspectives de croissance de l'économie mondiale sont équilibrés.
Sur le plan financier, les risques demeurent élevés, car l'augmentation des pertes dans le contexte d'un ralentissement mondial pourrait ajouter aux tensions sur les capitaux et aggraver le resserrement du crédit. De plus, l'inflation est de plus en plus préoccupante et limitera la marge de manœuvre pour contrer le ralentissement de la croissance. Du côté positif, dans les pays avancés et les pays émergents, la demande pourrait mieux résister que prévu aux deux chocs provoqués récemment par la hausse des matières premières et la crise financière, comme cela a été le cas au premier trimestre de 2008. Les risques liés aux déséquilibres mondiaux demeurent aussi une source de préoccupation. La dépréciation continue du dollar US et la croissance économique plus faible des États-Unis par rapport à leurs partenaires commerciaux ont placé le déficit du compte courant sur une trajectoire plus viable.
Cependant, la structure des ajustements de taux de change ne correspond guère à la configuration des soldes courants, l'euro et les autres monnaies flexibles ayant supporté l'essentiel de l'ajustement du dollar Us alors que les monnaies de plusieurs pays émergents affichant des excédents extérieurs considérables ont accusé des mouvements moins marqués. De plus, compte tenu de la hausse des prix internationaux du pétrole, on prévoit une augmentation des excédents courants des pays exportateurs. Subissant d'une part la forte contraction de la demande dans de nombreux pays avancés et d'autre part la montée généralisée de l'inflation, surtout dans les pays émergents et en développement, l'économie mondiale traverse une mauvaise passe. Par ailleurs, la hausse des prix de l'énergie et des matières premières a accentué les poussées inflationnistes, en particulier dans les pays émergents et en développement.
Dans ces conditions, les autorités doivent avoir pour priorité absolue d'endiguer la montée des pressions inflationnistes sans perdre de vue les risques pour la croissance. Dans de nombreux pays émergents, un resserrement de la politique monétaire et une discipline budgétaire plus rigoureuse s'imposent, avec, dans certains cas, une gestion plus souple du taux de change. Dans les principaux pays avancés, la nécessité d'un resserrement monétaire n'est pas aussi impérieuse, car les anticipations inflationnistes et les coûts de main-d'œuvre devraient rester bien ancrés tandis que la croissance faiblit sensiblement, mais il conviendra de surveiller attentivement les pressions inflationnistes.
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Poussée inflationniste
Malgré le ralentissement mondial, l'inflation s'accentue tant dans les pays avancés que dans les pays émergents. Dans bien des pays, le renchérissement des produits énergétiques et alimentaires est à l'origine de cette poussée inflationniste. Dans les pays émergents et en développement, les pressions inflationnistes gagnent plus vite en intensité sous l'effet de la flambée des prix des matières premières, de taux de croissance supérieurs au rythme tendanciel et de politiques macroéconomiques accommodantes. Par conséquent, les projections d'inflation pour ces pays ont été relevées de plus de 1,5 point pour 2008 et 2009, et portées respectivement à 9,1% et 7,4%.
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