Les dirigeants de grands pays industrialisés et émergents (G20) s'apprêtaient samedi à adopter "un plan d'action" pour tenter de juguler la crise, combinant une meilleure surveillance et régulation de la finance mondiale, et un soutien à l'activité économique.
Le communiqué qui devrait être publié samedi à l'issue de la réunion inédite des dirigeants du G20, contient des "messages positifs de trois ordres: soutien à l'économie, nouvelle régulation internationale, réforme de la gouvernance mondiale", a indiqué vendredi la présidence française à l'issue d'un dîner à la Maison Blanche, offert par le président George W. Bush.
Un premier bilan devrait être dressé au 31 mars, avant la convocation d'un second sommet du G20 entre le 31 mars et le 30 avril, a-t-on indiqué de source française.
Le président de la commission européenne José Manuel Barroso a lui aussi affirmé vendredi que le G20 était proche d'un consensus quant à la mise en place d'une meilleure régulation et d'une meilleure surveillance du système financier et de ses institutions.
Ce sont en effet les trop grandes prises de risques, sans véritable contrôle, de grands noms de la finance mondiale, qui ont provoqué la pire crise financière qu'ait connu le monde depuis les années 30.
Pour éviter une répétition de l'histoire, le texte reprend l'idée qu'"on ne doit pas laisser un territoire sur lequel il y a une activité financière, on ne doit pas laisser un marché, une institution, sans une régulation, une réglementation ou une surveillance appropriée", a indiqué la présidence française.
En clair, les fonds d'investissements à risques (hedge funds), les paradis fiscaux ou encore des produits financiers aussi complexes qu'opaques seront à l'avenir surveillés et réglementés.
Alors que la récession touche de plus en plus de pays, la pression se fait aussi plus forte sur les dirigeants pour apporter une réponse efficace à la détérioration de la situation économique mondiale.
De grands pays industrialisés comme le Canada et la plupart des économies émergentes ont donné de la voix ces derniers jours pour réclamer que le sommet donne la priorité à des politiques concertées de relance, plutôt qu'à la régulation financière.
"Il y a un vrai accord sur la nécessité d'agir sur l'économie réelle", a souligné M. Barroso.
"Nous savons tous que nous ne pouvons pas réformer les institutions financières mondiales en un ou deux jours, mais que nous pouvons, aussi tôt que possible, créer les conditions pour une croissance mondiale et une prospérité mondiale", a-t-il dit.
Il faut agir vite car "nous risquons de sombrer dans une dépression économique", a dit le ministre des Finances brésilien Guido Mantega, qui a prôné des plans coordonnés pour stimuler les économies, y compris via des baisses des taux d'intérêt. Une idée qui devrait être reprise dans le communiqué, selon la présidence française.
Lors du dîner de travail, le président américain George W. Bush a parlé de "travail urgent", appelant les autres participants à coopérer pour "ramener l'économie mondiale sur la voie de la prospérité à long terme".
M. Bush a aussi souligné que l'un des objectifs de ce sommet sera de "réaffirmer notre conviction que les principes du marché libre nous offrent la meilleure voie vers une prospérité durable". Il a d'ailleurs mis en garde ces derniers jours contre une sur-régulation qui, selon lui, serait contreproductive.
Son administration a mis sur la table des pistes de réflexion: une meilleure gestion des risques par les banques, une transparence accrue des marchés et institutions et une plus grande harmonisation de leurs règles comptables.
Concrètement, la Maison Blanche s'est dite favorable vendredi à deux nouveaux mécanismes: un "collège de superviseurs" formé d'autorités de régulation pour surveiller les 30 plus grandes banques mondiales et un "système d'alerte précoce" des crises financières à confier éventuellement au FMI.
Les Etats-Unis sont également favorables à une réorganisation des institutions multilatérales, comme le FMI et la Banque mondiale, pour accorder davantage de poids aux pays émergents comme la Chine, l'Inde ou le Brésil.
Mais il est difficile pour les Etats-Unis de s'engager davantage car M. Bush part bientôt et son successeur Barack Obama, absent du sommet, ne prendra ses fonctions que le 20 janvier 2009.
Le sommet regroupe le G8 (Allemagne, France, Etats-Unis, Japon, Canada, Italie, Royaume-Uni et Russie), l'Union européenne, 11 pays émergents (Argentine, Australie, Arabie Saoudite, Afrique du sud, Brésil, Chine, Corée du Sud, Inde, Indonésie, Mexique, Turquie) ainsi que l'Espagne et les Pays-Bas.
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