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La famille démocrate rassemblée autour de Barack Obama

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La convention démocrate réunie à Denver (Colorado, ouest) devait s'achever jeudi en apothéose, ayant atteint son but: une famille entièrement rassemblée autour de Barack Obama, un candidat comme l'Amérique n'en a jamais connu. 


 M. Obama, qui pourrait devenir le premier président noir des Etats-Unis, a prévu d'accepter officiellement la candidature au cours d'un rassemblement dans un stade de 75.000 places qui se jouera à guichets fermés. Il faut remonter à 1960 pour retrouver un candidat s'adressant à la nation américaine depuis un stade plutôt qu'un palais des congrès: ce fut le cas pour John Kennedy, à qui Barack Obama est souvent comparé en raison de son charisme et de la volonté de changement qu'il veut incarner. M. Obama aura aussi l'occasion de rendre hommage à un homme qu'il cite dans presque tous ses meetings et sans qui rien n'aurait été possible pour la communauté noire des Etats-Unis: le pasteur Martin Luther King, dont la famille devrait être présente. Selon son principal stratège David Axelrod, le discours d'Obama s'inspirera de ceux de Kennedy en 1960, Ronald Reagan en 1980 et Bill Clinton en 1992. L'ancien vice-président et prix Nobel de la Paix, Al Gore, interviendra aussi sur la scène où sont attendues de nombreuses vedettes de la chanson comme Sheryl Crow ou Stevie Wonder.

Ce jeudi marque le 45e anniversaire du célèbre discours du prix Nobel de la Paix: "j'ai fait un rêve". "L'Amérique ne connaîtra ni repos ni tranquillité tant que les Noirs ne jouiront pas pleinement de leurs droits civiques (...) J'ai fait un rêve, que mes quatre enfants habiteront un jour une nation où ils seront jugés non pas par la couleur de leur peau, mais par le contenu de leur caractère", déclara-t-il ce jour-là. Le rêve de Luther King, d'une Amérique réconciliée avec elle-même, semble sur le point de se réaliser. Les 20.000 personnes présentes mercredi dans l'enceinte du Pepsi Center, un complexe sportif abritant la convention démocrate, ont déjà assisté à un moment exceptionnel: le passage de relais d'une génération à une autre. Les Clinton, qui dominaient sans partage le camp démocrate depuis le début des années 1990, ont passé le flambeau avec panache au sénateur de 47 ans, à qui incombe la tâche de mettre fin à huit années de pouvoir républicain.

L'ancien président Bill Clinton, peut-être l'un des plus sévères censeurs de M. Obama durant la cruelle saison des primaires, a pris fait et cause pour celui qui portera les espoirs de son parti en novembre. M. Clinton a même trouvé des similitudes entre le parcours de M. Obama et le sien. "Chers amis démocrates, il y a 16 ans, vous m'avez donné l'honneur de conduire notre parti vers la victoire et diriger notre pays dans une nouvelle ère de paix et de prospérité largement partagée", a dit M. Clinton mercredi soir à des délégués émus aux larmes. "Ensemble, nous avons gagné une campagne pendant laquelle les républicains ont dit que j'étais trop jeune et trop inexpérimenté pour être commandant en chef", a-t-il rappelé. "Cela vous rappelle-t-il quelque chose? Cela n'a pas marché en 1992, parce que nous étions du bon côté de l'histoire. Et cela ne marchera pas en 2008, parce que Barack Obama est du bon côté de l'histoire", a promis Bill Clinton.

C'est Hillary Clinton qui avait, quelques heures auparavant, quasiment intronisé Barack Obama en demandant à la convention de proclamer le sénateur de l'Illinois candidat. La proposition de la sénatrice de New York a été aussitôt acceptée. Mercredi soir, tandis que M. Obama rejoignait son colistier Joe Biden sur scène, le couple Clinton les applaudissait debout. M. Obama a répondu avec élégance. "Si je ne me trompe pas, Hillary Clinton a dynamité la salle hier soir", a-t-il dit, à propos du discours de son ex-rivale la veille. "Et, juste au cas où vous en douteriez, je pense que Bill Clinton nous a rappelé ce qu'est d'avoir un président qui place les (intérêts des) gens avant tout", a ajouté M. Obama, tandis que des caméras indiscrètes montraient les yeux brusquement humides de l'ancien résident.
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Les vice-présidents républicains
Plusieurs noms circulent pour figurer sur le "ticket" républicain aux côtés de John McCain, comme candidat à la vice-présidence des Etats-Unis. - Mitt Romney, 61 ans, candidat malheureux à l'investiture républicaine face à John McCain, avait l'ambition d'incarner le nouveau visage du Parti républicain. Homme d'affaires aguerri disposant d'une colossale fortune personnelle, ce conservateur a été gouverneur du Massachusetts (nord-est), un des Etats les plus progressistes des Etats-Unis. Durant la campagne des primaires, il a reproché à M. McCain de ne rien comprendre à l'économie.
Depuis, M. Romney est revenu sur cette déclaration et n'a cessé de faire allégeance au sénateur de l'Arizona. Jadis favorable au droit à l'avortement, il réclame aujourd'hui son interdiction et défend les valeurs familiales traditionnelles.

Mitt Romney ne fume pas, ne boit pas d'alcool, de café ni de thé, en conformité avec les préceptes de l'Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours - les Mormons - qui est considérée comme hérétique par une majorité de chrétiens évangéliques. - Tim Pawlenty, 47 ans, gouverneur du Minnesota (nord), a réussi à imposer dans cet Etat plutôt de tradition ouvrière et social-démocrate (qui a voté pour John Kerry en 2004) un programme résolument conservateur reposant sur des coupes budgétaires et le refus des hausses d'impôts. Il a instauré un délai de réflexion obligatoire de 24 heures avant de procéder à un avortement dans son Etat et fait voter une loi exigeant que le serment d'allégeance aux Etats-Unis soit récité dans les écoles publiques. Son jeune âge contraste avec les 72 ans de John McCain, un atout selon certains analystes. Il demeure toutefois peu connu au niveau national.

- Tom Ridge, 63 ans, ancien gouverneur de la Pennsylvanie (est), pourrait aider John McCain à remporter cet Etat clé grâce à ses appuis chez les cols bleus. Premier secrétaire d'Etat à la sécurité nationale nommé par le président George W. Bush, il pourrait rivaliser avec le colistier du candidat démocrate Barack Obama, Joe Biden, sur les questions de sécurité. Avec ses idées jugées modérées, il pourrait attirer des électeurs du centre dans le camp républicain, mais aussi s'aliéner la base conservatrice du parti en raison de ses prises de
position en faveur du droit à l'avortement. -Joe Lieberman, 66 ans, sénateur du Connecticut (nord-est) et colistier en 2000 du candidat démocrate à la Maison Blanche, Al Gore, a quitté sa formation d'origine en raison d'un différend sur la guerre en Irak. Il est aujourd'hui indépendant et prône une politique étrangère musclée. Premier juif à figurer sur un "ticket" présidentiel, il vote régulièrement avec les démocrates. Le choix de Lieberman pourrait permettre à John McCain de rogner sur une partie de l'électorat démocrate, au risque toutefois d'ulcérer la base conservatrice du parti. 
    
   



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