Le Premier ministre marocain, Abbas El Fassi, à la tête d'une délégation importante, s'est envolé tôt dans la matinée du mardi à Madrid pour co-présider avec le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, les travaux de la 9e réunion de haut niveau maroco-espagnole.
Ces derniers devaient être couronnés par la signature d'un nouvel accord de coopération économique et financière. D'une valeur de 520 millions d'euros couvrant la période 2009-2011, il s'agit d'une nouvelle ligne de crédit concessionnel qui devrait être injecté dans des projets d'intérêt commun. Ces projets concerneront notamment les secteurs des énergies renouvelables, de l'eau, de l'environnement, des infrastructures de transport et des télécommunications. Dans ce sens, le Président du gouvernement espagnol avait relevé que le Maroc et l'Espagne ont « un très grand nombre d'intérêts en commun, sur le plan économique, sur le plan de la sécurité et sur le plan des mouvements migratoires ». L'intérêt accordé à la visite du Premier ministre et la délégation ministérielle l'accompagnant, à Madrid, est une nouvelle preuve que les relations de l'Espagne avec le Maroc sont appelées à aller dans le sens du renforcement du bon voisinage basé sur le respect des intérêts des uns et des autres, la défense des intérêts propres avec transparence et dans le cadre de la coopération et la promotion des valeurs communes des sociétés des deux rives de la Méditerranée.
Aujourd'hui, une nouvelle impulsion est donnée à la coopération bilatérale en matière de sécurité, avec une attention toute particulière à la collaboration en matière de lutte contre toutes les formes de criminalité organisée, l'immigration clandestine et le trafic international des stupéfiants. Cette coopération a été mise en exergue lors des Conférences euro-africaines sur la migration et le développement, organisées les 10 et 11 juillet 2006 à Rabat et en novembre 2008 à Paris. Celles-ci avaient examiné les problèmes de migration sous l'angle sécuritaire, mais aussi sous l'angle du développement pour s'attaquer aux racines profondes de cette problématique. La conférence de Paris, qui intervenait un mois après l'adoption, le 16 octobre dernier, par l'UE d'un «pacte pour l'immigration et l'asile», a approuvé un programme de coopération pour les trois prochaines années 2009-2011, qui porte sur l'organisation de la migration légale, la lutte contre l'immigration irrégulière ainsi que le «renforcement des synergies entre migration et développement». Ce programme s'ajoute à d'autres programmes actuellement financés par l'UE dans les domaines de la politique d'asile, des visas et du franchissement des frontières extérieures.
Dans ce domaine, la coopération maroco-espagnole a permis d'effectuer plusieurs coups de filet dans les milieux clandestins et de démanteler un réseau de trafic d'êtres humains. Un trafic qui fait des centaines de victimes parmi les candidats marocains et ceux d'origine subsaharienne qui tentent de traverser la mer au prix de leur vie. Grâce aux patrouilles communes mises en place dans le détroit de Gibraltar, la traque aux réseaux mafieux des émigrés clandestins a pris une dimension exceptionnelle. La réunion de Madrid a certainement offert une opportunité de mesurer le chemin parcouru et de planifier des projets futurs. Elle a également été l'occasion pour évaluer les rapports entre le Maroc et l'Union européenne et avancer dans la mise en place de la politique de voisinage qui accorde au Maroc un statut privilégié au sein de l'UE.
Avec un volume d'échanges de plus de 5 milliards d'euros, le Maroc reste le principal partenaire commercial de l'Espagne en Afrique et le deuxième hors de l'Union européenne. Ces flux représentent près de 25 % du volume des échanges entre le Royaume et l'UE.
Tenue sous le thème «Le Maroc et l'Espagne, partenaires pour le développement», la réunion de haut niveau devait également être marquée par plusieurs rencontres sectorielles entre les deux délégations ministérielles pour examiner la coopération bilatérale dans différents domaines. Après une séance plénière, MM. El Fassi et Zapatero devaient animer une conférence de presse conjointe. A signaler que la délégation marocaine était composée du ministre de la Justice, Abdelwahed Radi, du ministre des Affaires étrangères, Taieb Fassi Fihri, du ministre de l'Economie et des Finances, Salaheddine Mezouar, de la ministre de l'Energie, des Mines, de l'Eau et de l'Environnement, Amina Benkhadra, du ministre de l'Agriculture et de la Pêche maritime, Aziz Akhannouch, du ministre de l'Education nationale, Ahmed Akhchichine, du ministre de l'Emploi, Jamal Rhmani, de la ministre du Développement social, Nouzha Skalli, du ministre délégué chargé des Affaires économiques et générales, Nizar Baraka et du secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Intérieur, Saad Hassar. Lors de cette visite, M. El Fassi devait être reçu par le Roi Juan Carlos et s'entretenir avec le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero.
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