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Le chemin de non-retour de la polarisation

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Depuis les élections du 7 septembre 2007, dans la foulée d'un mea culpa général, les partis se sont tous tournés vers la création de pôles pour donner une image plus nette du magma politique qui existait jusqu'alors. La balkanisation a été, certes, pointée du doigt et présentée comme principal écueil à l'émergence d'une carte politique homogène, mais les raisons de la débâcle de plusieurs formations à l'issue des dernières législatives avaient des raisons bien plus profondes.


Il fallait donc jouer la carte des rapprochements du moment où les lois sur les partis et sur les élections l'encouragent. Pôle de gauche, pôle haraki, pôle socialo-démocrate, pôle des confettis de l'avant-garde, la liste est élastique. En juillet dernier, l'USFP, le PS, le PPS, le PT et le FFD devaient convoler en justes noces pour un grand pôle de gauche. Les cinq partis avaient ensuite convenu de se mettre d'accord sur une plate-forme commune à la fin du mois d'août dernier, sans suite. Le capotage du premier épisode du 8e congrès des Ittihadis a joué le rôle déplorable de grain de sable.

A la croisée des chemins et à quelques mois des prochaines communales, la gauche marocaine semble abandonner la voie d'un grand parti unique pour s'engager dans celle de la coordination. L'on retrouve aussi la même hésitation au sein de la koutla (Istiqlal, USFP, PPS). Ces trois partis ont effectivement repris les contacts ces derniers jours, mais de façon isolée. Les ténors du parti de la balance et ceux du parti de la rose ont ouvert le bal omettant, toutefois, de convier ceux du PPS à la première rencontre où il fallait attendre la semaine dernière pour que Radi prenne contact avec le chef de fil du parti du livre. Il parait que ces trois formations de la majorité gouvernementale peinent à jouer ensemble la même partition sur l'échiquier politique.

L'érosion politicienne n'a pas manqué non plus de remettre en question l'homogénéité des harakis qui se sont engagés en mars 2006 dans la réunification de leurs trois composantes (MP, MNP et UD). Les libéraux n'ont toujours pas su polir les rugosités qui persistent au niveau des bases. Preuve en est, le congrès constitutif de la jeunesse qui n'a finalement eu lieu qu'au courant de ce mois de décembre. Et encore, ces assises ne se sont pas passées dans la quiétude. La branche de Salé s'en est retirée dans une tentative, commente-t-on, de torpiller une unification qui avance sur le fil du rasoir. Les vicissitudes de ce congrès des jeunes n'ont pas manqué de déteindre sur l'ensemble du parti. En atteste, le mutisme du conseil de la présidence dirigé par un Mahjoubi Aherdane qui n'a pas saisi l'occasion pour exercer sa fonction d'arbitre et de garant de la stabilité du parti. Pire, les épines s'aggravent avec un face-à-face Sentissi-Laenser, mais surtout la confrontation ouverte entre le même Sentissi et Halima Assouli. Une affaire qui risque de se retrouver devant la justice.

Aujourd'hui, ce mariage à trois est condamné à réussir. La loi en a voulu ainsi. Abdellah Kadiri, désormais ex-secrétaire général du PND dissous en a payé le lourd tribut. Ses tentatives de récupérer son parti, en saisissant la justice, ont buté sur la force d'un choix, celui de cinq partis de fusionner en un seul, sans perdre de vue le verdict sans appel du tribunal. L'on peut critiquer comme on veut le côté «bâtard» d'une alliance au forceps, ce qui n'empêche pas de reconnaître sa force numérique et la secousse qu'elle a provoquée sur la scène politique. Dans cette configuration, la colère de Najib El Ouazani, un des chefs de file les plus en vue au sein du PAM, peut facilement se retourner contre lui. En s'attaquant à la manière dont le parti est géré, allusion faite à «l'accaparement de la prise de décision», il risque d'avoir le même sort que Kadiri. L'antécédent est bien là tel un épouvantail et le choix de s'inscrire dans une logique de pôle peut cacher autant de revers que d'avantages.

La seule voie de salut qui reste dans ce cas là est d'instaurer l'option des courants afin que chaque parti fusionné puisse garder son identité et avoir par la même occasion un canal pour faire valoir ses idées.
   
  
   

  



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