Le prix du pétrole continue son trend baissier se situant sous la barre des 50 dollars le baril. Après avoir crevé le plafond avec plus de 150 dollars, le cours a perdu deux tiers de sa valeur en l'espace de trois mois. Il n'y a pas longtemps, le gouvernement a réagi en annonçant une baisse des prix à la pompe à partir de janvier prochain.
Mais, peut-on en déduire une mise en œuvre du système d'indexation tel que mis en exergue par le gouvernement précédent ? Pas forcément. Car qui dit indexation dit réalité des prix et du coup une remise en question de la compensation telle qu'appliquée au Maroc. Dans une réponse à une question orale, mercredi dernier au Parlement, Nizar Baraka, ministre des Affaires économiques et générales, a indiqué que depuis janvier le baril a enregistré une moyenne de 100 dollars. Il s'agit là, déduit-il, d'un prix qui dépasse les niveaux d'équilibre du système de compensation. Par conséquent, toute application de l'indexation à l'heure actuelle risque de faire augmenter le prix du gasoil de 1,20 DH le litre et la bombonne de gaz (12 kg) de 38 DH.
Insoutenable, vu la faiblesse du pouvoir d'achat de la majorité des Marocains. Il faut, ensuite, reconnaître qu'en pleine effervescence des cours mondiaux et au lieu de répercuter les humeurs du marché sur les prix à la consommation d'énergie, le gouvernement a porté le budget de la compensation de 20 à 36 milliards de DH. Mais il est aussi légitime, en cette période d'apaisement des cours de plusieurs produits de première nécessité, que citoyens et députés posent la question sur les répercussions immédiates. Pour le ministre, la problématique ne se pose pas de cette manière.
Il a juste rappelé que le gouvernement se penche actuellement sur une nouvelle grille des prix des produits pétroliers pour une meilleure efficacité de la compensation. Celle-ci, contrairement aux appels à sa suppression, a encore de beaux jours devant elle. N. Baraka a souligné, par ailleurs, qu'elle occupe une pole position parmi les facteurs ayant permis de maintenir l'inflation à un taux de 3,9% au lieu de 7,3%. Outre le pétrole, le ministre prévoit une baisse de prix des huiles alimentaires du moment où les cours mondiaux sont passés de 1.500 à 700 dollars la tonne en ce mois de novembre. D'autres produits comme le blé dur et le beurre ont connu des baisses considérables de prix sur les marchés internes. L'argumentaire reste recevable mais la rue a une autre opinion.
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