La Stratégie nationale de développement urbain (SNDU) a été présentée jeudi dernier à Skhirat à l'occasion du Forum national sur le développement urbain organisé les 22 et 23 janvier par le ministère de l'Intérieur et le ministère de l'Habitat, de l'Urbanisme et de l'Aménagement de l'espace.
Visant à élaborer une sorte de cadre de référence qui assure aux villes marocaines un développement cohérent et harmonieux, la SNDU prend en compte, les divers aspects de développement urbain, qu'ils soient d'ordre économique, social, culturel ou environnemental.
Ce forum, qui se tient deux ans après la première rencontre des collectivités locales, se veut un espace d'échange et de concertation "et n'a pas pour objectif la validation ou la valorisation de la SNDU", tiennent à souligner les deux organismes organisateurs.
Réunissant des experts, des chercheurs, des responsables gouvernementaux, mais aussi et surtout des élus locaux et des députés, cette rencontre consiste donc à soumettre au débat cette stratégie, comme cela a été précisé par Ahmed Taoufik Hjira dans son allocution d'ouverture : "Ce forum est une occasion pour présenter la SNDU comme plateforme de réflexion visant à renforcer le rôle des acteurs locaux et à soutenir les politiques sectorielles intégrées".
"Notre ambition est de pouvoir formuler à la fin de ce forum des recommandations qui puissent être mises en œuvre immédiatement", a affirmé pour sa part le wali directeur des collectivités locales, Noureddine Boutaib.
C'est dire qu'il s'agit d'une stratégie qui reste ouverte aux propositions de tous les participants qui pourront l'enrichir par leurs remarques.
Tout le monde a donc voix au chapitre. Car la complexité de l'urbanisation galopante au Maroc concerne tous les acteurs et a fortiori les élus locaux. C'est ce que confirme Noureddine Boutaib.
Selon lui, deux convictions-clés sous-tendent cette stratégie. La première, c'est que la capacité de répondre aux défis urbains (cohésion sociale, écologie, emploi..) passe par la construction d'une démarche stratégique partagée au niveau local.
La seconde, selon le même responsable, est que ces démarches stratégiques ne peuvent être crédibles et efficaces que si elles sont accompagnées et impulsées au niveau national. A l'évidence, c'est au niveau local que réside la réponse aux défis d'un développement urbain homogène. D'où, selon le même responsable, la première orientation stratégique de la SDAU : développer des démarches stratégiques locales partagées et différenciées.
Le principe de différenciation s'appuie, faut-il le préciser, sur la typologie des villes marocaines telle que esquissée par le SNAT (Schéma national d'aménagement du territoire). La seconde orientation stratégique consiste à mettre en place des dispositifs d'impulsion et de pilotage aux différents niveaux.
Ces dispositifs exigent une coordination interministérielle, une interface locale/nationale et une fonction de mobilisation de l'expertise.
La troisième orientation stratégique consiste à organiser les contributions nationales au niveau urbain.
Ceci a pour finalité, selon M. Boutaib, de soutenir les démarches locales par des contributions de politique nationale au développement urbain à travers les différents départements ministériels concernés.
La quatrième et dernière orientation stratégique vise à élaborer un cadre de référence national du développement urbain durable.Deux jours durant, le forum a permis un échange fructueux de points de vue. Il a surtout contribué à faire émerger une vision claire pour l'avenir des villes marocaines à laquelle tout le monde semble s'y retrouver.
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Défis urbains
La ville constitue le cadre de vie de la majorité des Marocains (59 % en 2007). Elle est le principal centre de création de richesses, avec plus de 75% du PIB et tendrait sur le moyen terme à s'affirmer comme le principal pourvoyeur des ressources en emploi.
Mais seul un développement urbain harmonieux et réfléchi est de nature à faire de la ville marocaine un espace de croissance pérenne. C'est pourquoi, il convient de relever les défis auxquels elle fait face. D'abord, le défi de la compétitivité : les villes qui seront capables d'offrir des conditions de vie et des facteurs favorables à l'activité auront des perspectives de développement énormes alors que les autres risquent d'être marginalisées.
Il y a ensuite le défi écologique. Les villes étant des centres de consommations importantes, elles constituent de ce fait une source principale de dégradation de l'environnement (carburant, déchets ménagers, eaux usées..). Troisième défi et non des moindres, celui de la cohésion sociale: dans un climat de compétitivité exacerbée, les écarts entre ceux qui produisent et s'insèrent dans le tissu économique (jeunes..) et ceux qui ne produisent pas (chômeurs, personnes âgées) tendent à se creuser.
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