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Home National Economie Inflation, taux d’intérêt, finances publiques : Ce qu’en dit Bank Al-Maghrib

Inflation, taux d’intérêt, finances publiques : Ce qu’en dit Bank Al-Maghrib

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Ce n’est un secret pour personne, la banque centrale, Bank Al-Maghrib (BAM), a les yeux rivés sur l’indice du coût de la vie. Il n’est pas question de perdre de vue le taux d’inflation, la banque comptant parmi ses attributions celle d’anticiper l’inflation, sinon d’y réagir aussi rapidement et efficacement que possible.


Les chiffres de l’inflation

Selon ses dernières observations sur les indicateurs, en décembre 2008, l’indice du coût de la vie a légèrement progressé, de 0,3%, après avoir reculé de 0,2% le mois précédent. Pourquoi cette augmentation ? BAM l’explique par la hausse des prix des produits frais, ceux des produits alimentaires de base qui ont accusé une baisse par rapport au mois précédent. Plus particulièrement, les prix des poissons et des légumes frais ont augmenté, respectivement, de 6,5% et de 13%, tandis que les céréales et les corps gras ont vu leur prix baisser de 0,7% et de 1%. La hausse de l’indice général est due également au renchérissement (de 0,2%) des produits non alimentaires.

Selon les statistiques de BAM, en glissement annuel, l’inflation s’est établie à 4,2% au lieu de 3,9% un mois auparavant. En clair, le coût de la vie a augmenté et c’est à cause des prix des produits frais, en particulier, les légumes (+14%), les fruits (+2,7%) et les poissons (+22,2%).

Par contre, malgré leur progression notable, les prix de certains produits alimentaires de base ont affiché une légère baisse de leur rythme d’accroissement. Par exemple, la hausse des prix des céréales et des corps gras s’est établie à 10,5 % et à 10% au lieu de 12% et de 12,1% respectivement. Le recul du taux de variation de ces denrées alimentaires de base, précise BAM, s’est fait sentir au niveau de l’inflation sous-jacente qui a connu un ralentissement modéré revenant de 3,5% à 3,3%.

Les statistiques de la Banque centrale en concluent qu’en moyenne annuelle, l’inflation et l’inflation sous-jacente se sont établies à 3,9% au lieu de 2% et de 1,7% respectivement, en 2007.

Autre préoccupation centrale de BAM, les taux d’intérêt.

 

Qu’en est-il des taux d’intérêt ?

D’abord, les taux créditeurs… Il faut bien savoir ce que notre argent peut nous rapporter ! En décembre 2008 et par rapport au mois précédent, le taux moyen pondéré des dépôts à 6 mois, constate Bank Al-Maghrib, a accusé une baisse de 17 points de base revenant à 3,96 % alors que celui des dépôts à 1 an a enregistré une hausse de 16 points de base atteignant 4,34%. Aussi, la moyenne pondérée du taux sur les dépôts à 6 et à 12 mois, se situe à 4,19%, en hausse de 51 points de base par rapport au niveau observé en décembre 2007.

Le taux minimum appliqué par les banques aux comptes sur carnets, indexé sur le taux moyen pondéré des bons du Trésor à 52 semaines au cours du semestre précédent diminué de 50 points de base, a été fixé à 3,29% pour le premier semestre de l’année 2009, en hausse de 19 points de base d’un semestre à l’autre.

Et pour ce qui est de la rémunération des comptes sur livrets auprès de la Caisse d’épargne nationale, le taux, indexé sur le taux moyen pondéré des bons du Trésor à 5 ans au cours du semestre précédent minoré de 200 points de base, a été fixé à 2 % pour le premier semestre de l’année 2009, en hausse de 10 points de base par rapport au semestre précédent.

Concernant les taux débiteurs, le taux maximum des intérêts conventionnels des établissements de crédit, révisé en avril de chaque année sur la base de la variation du taux d’intérêt moyen pondéré des dépôts bancaires à 6 mois et 1 an enregistré au cours de l’année précédente, a été fixé à 14,17% pour la période allant du 1er avril 2008 au 31 mars 2009. Rien ne changera donc avant cette date.

BAM passe également au crible les finances de l’Etat.

 

La situation des finances publiques

Une évaluation de la loi de Finances 2008 ? C’est à peu près cela. Et BAM livre les chiffres. Ils sont encore bons, mais moins bons que ceux de l’année dernière. Ainsi, la situation des dépenses et recettes du Trésor à fin novembre 2008 a fait ressortir un excédent budgétaire de 3,2 milliards de dirhams au lieu de 3,8 milliards à la même date de l’année précédente.

Le budget doit cet excédent à une progression de 24,2% des recettes fiscales. En fait, il y a eu une hausse des recettes de l’impôt sur les sociétés et de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), face à un accroissement moins rapide de 17,4% des dépenses courantes, d’un montant de 139,6 milliards et ce, en dépit de l’importante des charges de compensation qui se sont chiffrées à 29,4 milliards (à cause notamment de la facture énergétique).

Dans ces conditions, le solde ordinaire a atteint 43,6 milliards au lieu de 32,2 milliards en novembre 2007 et a plus que couvert les dépenses d’équipement d’un montant de 32,5 milliards, en hausse de

42,8%. Compte tenu du solde négatif des comptes spéciaux du Trésor de 7,9 milliards de dirhams et de la constitution d’arriérés de paiement pour un montant de 3,3 milliards, l’excédent de caisse s’est établi à 6,5 milliards au lieu de 5 milliards un an auparavant.

 

En bref…
- Depuis le 31 décembre 2008, toutes les banques marocaines sont passées à un ratio de solvabilité de 10%. Ratio qui sera porté à 12% en 2010, conformément aux règles de Bâle II.

Pour réagir à ces nouveaux ratios de solvabilité fixés par Bank Al Maghrib, les banques marocaines ont levé 6 milliards de dirhams en 2008, en ayant recours à des emprunts obligataires. Ces montants devraient servir aussi à financer les programmes de développement, dans certains cas (Attijariwafa Bank, BMCE et BCP).

- La Banque centrale a publié son rapport mensuel de conjoncture dans lequel elle rappelle la dernière décision de baisse de 3 points du taux de la réserve monétaire, à 12 %. Baisse qui a permis de libérer près de 11 MMDHS sur le marché, mais n’a pas pour autant permis de pallier au déficit des trésoreries bancaires. Ce déficit a ainsi nécessité des interventions de Bank Al-Maghrib à hauteur (en moyenne) de 20.8 milliards de Dirhams.

- Au terme des onze premiers mois de 2008, les transferts effectués par les Marocains résidant à l’étranger, d’un volume global de 49,8 milliards de dirhams, ont pratiquement stagné. Quant aux recettes de voyages, elles se sont établies à 52,3 milliards de dirhams, accusant un recul de 2,7% . Les recettes des investissements et prêts privés étrangers se sont élevées à 27,1 milliards de dirhams et les dépenses correspondantes ont atteint 12,8 milliards de dirhams, soit une rentrée nette de 14,3 milliards de dirhams.

- En 2008, selon BAM, les concours à l’économie ont enregistré une progression de 22,9% contre 28,5% en 2007. En revanche, les avoirs extérieurs nets ont accusé un repli de 5,5 % contre une augmentation de 9,3% l’année d’avant. La création monétaire induite par l’expansion du crédit intérieur global a été limitée tant par la baisse des avoirs extérieurs nets que par l’augmentation des ressources à caractère non monétaire.

 

Banques, UMP et promesses…
Vendredi 30 janvier à Paris, dix établissements financiers euro-méditerranéens, dont Attijariwafa Bank, le Crédit immobilier et hôtelier (CIH) et Al-Amana, ont signé un protocole d'accord pour la réalisation de vingt projets concrets, inscrits dans un programme de travail pour 2009.
En fait, cet accord concrétise le Protocole d'intention conclu le 7 juillet dernier à Paris, en marge du 1er Sommet des chefs d'Etat et de gouvernement créant « l'Union pour la Méditerranée » (UPM).
Les 20 projets arrêtés par le comité stratégique, actuellement présidé par Bernard Comolet, président du directoire de la Caisse nationale française des caisses d'épargne, portent principalement sur les transferts financiers, les produits bancaires, d'assurance et immobiliers, le support et l'assistance des PME, le financement d'infrastructures et de grands projets.
Parmi ces projets, il y a, par exemple, la mise en œuvre d'une « plateforme efficace, ouverte et flexible » d'envoi de fonds des migrants, la mise en œuvre de solutions de transfert de « carte bancaire à carte bancaire » sur différents corridors de la zone, le jumelage, « dans la mesure du possible », d'un produit d'épargne au Nord avec un produit d'épargne au Sud, avec les mêmes avantages en monnaie locale convertible.
Il y a aussi, entre autres, la distribution d'un pack pour les étudiants originaires du Sud s'installant en Europe ou l'utilisation de modèles de crédit spécialisé avec la garantie de divers acteurs pour mieux financer les PME.
Concernant les projets portant sur le financement d'infrastructures et de grands projets, un protocole spécifique a été signé afin de favoriser ces financements, tout en partageant les risques.
Le protocole prévoit notamment en amont l'institutionnalisation d'un échange d'informations entre les partenaires, incluant la Banque européenne d'investissement (BEI) et l'Agence française de développement (AFD).

 



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