Plus de 400.000 personnes, soit un peu moins de 2% de la population et 990 douars, relevant de 19 provinces, bénéficient du plan gouvernemental de lutte contre les effets de la vague de froid et des chutes de neige.
C'est ce qu'a indiqué le ministre de l'Intérieur, Chakib Benmoussa, au Conseil de gouvernement réuni jeudi dernier. Avec le changement climatique que le pays a connu cette année, il fallait bien réagir à une situation qui chamboule tous les prérequis et dont les conséquences peuvent être lourdes en matière de santé publique. Dans les régions montagneuses, dépassant les 1.500 m d'altitude, la vie devient un combat quotidien contre un thermomètre en dessous du 0°C. Les enfants et les vieux en sont les premiers victimes et les écoliers ainsi que leurs enseignants peinent à résister dans des classes peu ou prou dotées du bois nécessaire au chauffage. C'est là un problème récurrent que le gouvernement n'a pas encore su résoudre.
Désormais, même dans les centres urbains, le froid devient intenable, mais l'urgence fait que le gouvernement s'intéresse d'abord aux zones à haut risque. Contacté, Khalid Naciri, ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, a indiqué que la nouvelle stratégie se veut transversale impliquant plusieurs ministères. Il s'agit, en plus de celui l'Intérieur, de ceux de l'Equipement et du Transport, de la Santé, del'Agriculture, de l'Education nationale, du Haut commissariat aux Eaux et Forêts, de l'ANRT et des services de sécurité.
Ces départements sont représentés dans des commissions provinciales et locales dont les membres effectuent régulièrement des visites sur place. Au-delà du budget de l'opération, pas encore rendu public, les priorités de ces commissions sont d'abord l'aménagement des voies routières pour désenclaver les douars, rétablir les lignes téléphoniques endommagées, renflouer les centres de ravitaillement, garantir les produits de chauffage ainsi que les infrastructures sanitaires et scolaires.
Interrogé sur le nombre des victimes provoqué par cette vague de froid, le ministre a souligné que les informations à ce sujet ne sont pas encore complètes.
Il a, illico, tonné qu'il ne faut surtout pas céder à «l'intox et à la manipulation» qui servent de ‘'fonds de commerce'' pour les malintentionnés. Naciri tient aussi à signaler que c'est la première fois que le gouvernement s'attaque aux risques du changement climatique de façon structurée à travers un plan bien ficelé.
Certes avant, les opérations de soutien et d'assistance aux populations vulnérables se concoctaient par à-coups et dans la précipitation.
Cette année, même avec un peu de retard, faut-il le reconnaître, l'on sent une volonté politique d'en finir avec les points noirs de la précarité meurtrière, devenue structurelle dans les zones enclavées. Car, pour vaincre le froid, il faut, du moins, atténuer ses facteurs exacerbants.
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