Quelques mois seulement après le drame de l'incendie de l'usine Rosamor au quartier industriel de Lissasfa à Casablanca, et qui a causé la mort de près d'une soixantaine de personnes innocentes dans de terribles souffrances, un autre incendie s'est déclaré dimanche dernier dans l'après-midi, dans un entrepôt pour des produits sanitaires et de plomberie (tuyauterie, tubes en PVC, colle…), au quartier Aïn Borja, à l'arrondissement des Roches-Noires.
Outre les dégâts matériels estimés selon le propriétaire entre 30 et 50 millions de DH, cet incendie, dont la fumée a été perceptible à plusieurs kilomètres à la ronde et qui a plongé les habitants limitrophes dans une grande frayeur, n'a heureusement pas causé de pertes humaines. En effet, la douzaine de salariés qui y travaillent quotidiennement ont été en congé hebdomadaire, sinon, personne ne pourrait se prononcer sur les conséquences, surtout que les locaux sont visiblement très vétustes, et le respect des normes de sécurité laisse sérieusement à désirer, selon le témoignage d'un élément de la Protection civile. «C'est un vrai foutoir à l'intérieur. Malgré leur nature très inflammable, notamment la colle, les produits sont rangés n'importe comment, sans le moindre respect des normes.
Chose qui a rendu notre tâche très difficile», assure cet élément de la Protection civile. Les accusations n'ont pas été à sens unique. En effet, le propriétaire et les habitants voisins, voire limitrophes de l'entrepôt, pointent du doigt la Protection civile. Selon eux, cette dernière est arrivée très en retard sur les lieux. Pis encore, le débit d'eau était insuffisant, ce qui a contraint les éléments de la Protection civile à s'approvisionner à partir de points d'eau lointains.
Et visiblement, malgré le fait qu'ils se démenaient comme des diables, les professionnels du feu étaient en effet handicapés par un manque de moyens. Avant d'arriver à destination, l'eau jaillissait de différents points tout au long de leurs tuyaux vieillissant.
En attendant une vraie prise de conscience quant au respect des normes de sécurité dans les lieux de travail, le spectre du drame de l'usine de Rosamor rodera toujours à proximité. Telle l'épée de Damoclès, elle restera suspendue au-dessus de nos têtes dans l'attente que Dieu nous en préserve de prochaines victimes. En plus du durcissement des peines à l'encontre des coupables, les autorités concernées doivent également, voire en premier lieu, mettre un terme au laxisme au niveau de la délivrance des permis d'exercer. Sinon, il ne nous reste que nos prières pour ne pas être parmi les prochaines victimes.
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