Le deuxième volet de notre présentation des différents compartiments du onze national est consacré cette fois à l’arrière-garde des Lions de l’Atlas.Ce secteur a de tout temps été l’une des satisfactions au sein de l’équipe nationale. De grands noms s’y sont succédés, tels Biaz, Bouyehiaoui ou Lemris dans des années 80. Et jusqu'à peu, Nourredine Naybet et Talal El Karkouri dirigeaient de main de maître notre ligne défensive.
Depuis le retrait de ces deux derniers, ce secteur est dans l'expectative, comme l'a démontré la dernière CAN. Si Abdeslam Ouaddou a transmis le flambeau en s'imposant comme le nouveau boss, la charnière centrale peine néanmoins à retrouver son étanchéité d'antan. Amine Erbati, 27 ans, joue actuellement une carte importante. Repéré par le staff de l'Olympique de Marseille lors de ses prestations en matchs amicaux avec la sélection, celui qui a poussé Talal vers la sortie, vit actuellement un tournant dans sa carrière avec son transfert du côté du stade vélodrome. Ce grand saut vers l'Europe doit lui permettre de franchir enfin un palier. S'il parvient à s'adapter aux exigences de la Ligue 1, alors l'association qu'il forme en sélection avec Ouaddou ne s'en trouvera que renforcée.
Adil Rami est un autre profil potentiel à même de consolider ce secteur : "potentiel", car le Lillois doit préalablement clarifier sa position vis-à-vis de la sélection. Celui qui avait déjà décliné une participation à la CAN pour finalement déclarer sa flamme à l'équipe de France bis, devra jouer carte sur table avec le nouveau sélectionneur, qui lui a offert une nouvelle opportunité... encore une fois repoussée, en attendant d'en connaître le motif. On ne se fait guère d'illusion sur ses motivations, et à vrai dire, sa présence dans la liste initiale de Lemerre avait même étonné. Rami jouerait-il au poker avec la sélection marocaine ? Entre un horizon fortement concurrentiel en équipe de France et une sélection marocaine peu encline à se contenter du statut de roue de secours, le joueur n'a pas le meilleur jeu. Nul doute que Lemerre saura trancher très rapidement le cas du rugueux défenseur lillois. En attendant, le sélectionneur national joue la carte Mourad Ainy, qui palliera la défection de Rami. Le Rajaoui montre, à 28 ans, que tout vient à point à qui sait attendre. Après s'être illustré sous la houlette de Fathi Jamal (en A et en A'), Mourad rêve désormais de perturber les plans de Roger Lemerre.
Mickaël Basser ne s'est jamais posé autant de questions lorsqu'il s'est agi de défendre les couleurs marocaines. Et son dévouement est récompensé puisqu'à 24 ans, il est désormais indéboulonnable dans son couloir droit. En France, le pensionnaire de l'AS Nancy Lorraine s'est taillé une réputation d'arrière droit moderne et complet, et sa notoriété a franchi les frontières hexagonales : les contacts avec des clubs français et européens prestigieux se sont amplifiés cet été, et s'il semble finalement que Nancy conservera finalement son crack, ses années semblent désormais comptés du côté de la Lorraine. Soufiane Benzouiene, qui évolue pour sa part à Pérouse en serie B italienne, est l'un des symboles de l'intégration progressive des anciens olympiques. A 23 ans, la sélection A est désormais une réalité pour le natif de Belgique, où il aura tout loisir de s'épanouir dans l'ombre de Basser.
Plus expérimenté du haut de ses 27 ans, Badr El Kaddouri fait désormais office d'ancien dans ce groupe. Même si son rendement en sélection a pâti des soucis d'organisation tactique rencontrés notamment à la CAN, il reste une valeur sûre et constitue le pendant idéal de Basser sur le flanc gauche. Sa doublure pourrait se nommer Youssef El Akchaoui. Le nouveau sélectionneur Roger Lemerre semble ne pas avoir tenu rigueur au joueur de son refus de la sélection en juin dernier, sous l'intérim Jamal. Né la même année qu'El Kaddouri, le pensionnaire de NEC Nijmegen en 1e division néerlandaise est pour sa part néophyte chez les Lions de l'Atlas. l
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