On savait que Roger Lemerre était dans une phase d'observation et qu'il ne lui restait qu'une petite touche personnelle pour donner à cette équipe nationale un tout autre visage.
Celui que tout Marocain attend après les déboires en Coupe du monde 2008 et en Coupe d'Afrique la même année. L'arrivée du technicien français n'a pas fait que des optimistes, surtout que le départ de ce dernier de Tunisie a été salué pompeusement par la presse tunisienne qui en a fait ses choux gras. La première sortie du nouvel entraîneur face au Bénin a été satisfaisante pour lui, même si la victoire 3-1 n'a convaincu personne. Il est vrai que c'est toujours bon pour le moral de la troupe et cela a permis à ses adjoints de bomber le torse, comme d'habitude en pareille circonstance. Roger Lemerre, attentif aux «conseils» de ses prédécesseurs, a convoqué une bonne partie des pros évoluant à l'étranger.
Autrement dit, tous les joueurs du terroir et qui aspiraient un jour faire leur entrée par la grande porte parmi les Lions de l'Atlas n'auront jamais cette opportunité, hormis les gardiens de but. Or tous les observateurs s'accordent à dire que ce compartiment à toujours été un véritable handicap de l'équipe nationale.
On se rappelle des bourdes répétées de Nadir Lamyaghri et de Khalid Fouhami qui nous ont coûté l'élimination en Coupe du monde et une piètre prestation en Coupe d'Afrique des Nations. On ne peut en vouloir à un nouveau technicien qui a du mal à mettre en place un schéma tactique idoine. Le temps viendra, certainement, où il aura compris qu'il ne peut compter que sur ses propres convictions et non sur celle des autres. Bref, ce match amical face au Sultanat d'Oman est à inscrire au chapitre de la médiocrité. Une rencontre donc à oublier au plus vite, car elle n'a convaincu personne d'autant plus que les adversaires n'étaient nullement des foudres de guerre. Heureusement, sinon le naufrage aurait été consommé. Les Omanais, pris en main par un vieux loup du football africain, véritable globe-trotter, en l'occurrence Claude Leroy, n'espéraient pas un meilleur sparring spartner, pour préparer leur prochaine rencontre amicale face à Chypre.
Aux éliminatoires de la Coupe du monde, ils se trouvent dans un groupe assez difficile avec le Japon, qui est leader du groupe avec 13 points et qui les a battus 3-0, la Thaïlande que les Omanais ont surpris 1-0 chez eux, et le Bahreïn vainqueur à Mascatte 1-0. On les voit difficilement accéder parmi les heureux élus dans la compétition mondiale avec leur maigre capital de 8 points. Même si elle a amélioré ses prestations, elle est encore loin du niveau des grandes nations footballistiques. C'est donc face à cette formation que les Lions de l'Atlas ont butté et on aura, une nouvelle fois, eu des frissons avec une défense bien fébrile où Abdeslam Ouaddou est bien loin de former un duo de charme avec Amine Erbaty.
Ce dernier, que l'on disait blessé, risque de végéter sur le banc de touche de l'Olympique de Marseille, n'ayant convaincu l'ex-international belge Gerets. Avec un peu plus de rigueur, les Omanais auraient bien pu créer la surprise.
Sur les couloirs, autant le latéral gauche du Dynamo de Kiev, Badr Kaddouri, se créa des espaces pour servir les attaquants ; autant son coéquipier à droite, Michael Bassir, s'est cantonné au-delà de la ligne médiane ; ce qui fit souffrir le Lensois Adil Hermach, voire Marouane Chemakh. Ce dernier n'a pas eu son rendement habituel et on comprend un peu cette contre-performance. Le Bordelais revient d'une vilaine blessure après plusieurs jours de repos forcé. On attendait une belle réaction de ceux qu'on croyait les plus en forme, à l'image de Youssef Safri, Mouncif Zerka ou Abderrahmann Kabous. Il y a eu quelques coups d'éclats mais jamais un jeu collectif qui aurait pu réveiller en nous la satisfaction qui fut la nôtre lorsque nous ne faisions qu'une bouchée de ces équipes. Les Omanais n'ont pas fait que de se défendre, mais ont montré quelques velléités offensives qui ont manqué de soutiens.
On ne peut dire que Lemyaghri ait vraiment été mis en difficulté. Le jeu décousu, sans saveur, n'offrait aucun spectacle. Houcine Kharja eut bien du mal à donner l'image d'un véritable passeur, si bien que Chamakh, excédé, dut renoncer à tout effort pour se rendre plus opportuniste. Les rentrées de Mourad Ainy, d'Abdeslam Benjelloun, d'Aboucherouane et surtout de Bouchaïb Lembarki n'ont pas apporté cette bouffée d'oxygène dont avait besoin un Onze marocain en mal d'actions collectives et qui manquait d'un patron capable de diriger le jeu.
Ce dernier a encore abusé de dribbles inutiles sans qu'il ne soit rappelé à l'ordre.
Le nul reflète parfaitement la physionomie de ce match amical, c'est-à-dire un match à oublier au plus vite. On accordera quelques circonstances atténuantes à Roger Lemerre qui a été handicapé par quelques absences, des blessées que l'on souhaite revenir au plus vite pour sauver une situation qui risque de décevoir une nouvelle fois un public avide de spectacles. Pour l'heure, le parcours des Lions de l'Atlas n'est pas à l'abri d'embûches. Gare à la chute !
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Une infirmerie bien garnie
Roger Lemerre n'a finalement pas pu faire appel à tous les professionnels, en raison de blessures. Ce fut un lourd handicap dont il aurait bien pu se passer alors que la rencontre capitale face à l'Ethiopie n'est que reportée. A la lumière de la prestation face au Bénin et au Sultanat d'Oman, on peut avancer sans risque de nous tromper que les Lions de l'Atlas vont bien souffrir avant la fin de cette compétition, surtout que le Rwanda, notre principal concurrent pour la 1re place a battu la Mauritanie samedi 1-0. Kamal Chafni, Nabil Dirar, Soufiane Alloudi, Youssef Hadji, Mbarek Boussoufa, et Tarik Sektioui sont autant d'éléments qui auraient pu donner un tout autre visage à l'équipe nationale lors de ses deux dernières sorties.
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