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Maroc : le cancre de l'enseignement

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Selon une étude menée dans le cadre du programme «Enseignement pour tous», seuls 16% des élèves de la 4e année du primaire maîtrisent les connaissances de base dans toutes les matières enseignées. Cela veut dire que plus de 80% de ces élèves ne comprennent pas ce qu’on leur enseigne! Dans certaines villes, ce taux est catastrophique. À Ifrane par exemple, il n’est que de 0,7%. Cette même catégorie d’élèves a même été classée dernière, par une étude internationale portant sur 25 pays (TIMSS 2003), en mathématiques, et 24e en sciences.
Les élèves du collège ont, quant à eux été classés 40e, sur 45 pays testés. Plus de la moitié d’entre eux (sur un total de 3.000) n’ont pas obtenu la note de référence la plus basse. Une autre étude (PIRLS 2006) a également fait état d’une «honte internationale». En lecture, les élèves de 4e année du primaire sont classés 43e sur 45 pays traités. À peine un quart d’entre eux a atteint le niveau minimum requis pour le test PIRLS. De quoi donner des sueurs froides. Nos enfants seraient-ils des sous-doués? Certainement pas. L’étude a pointé du doigt les enseignants.
Ces derniers sont à la fois victimes et responsables de la défaillance du système. Ils ont été poussés à intégrer un domaine d’activité pour lequel ils n’avaient au départ aucune vocation, faute de mieux. Ils ont été par la suite mal formés, sous-payés et donc pas du tout motivés.
Cela se répercute forcément sur la qualité de l’enseignement. D’où la nécessité de la mise en place d’un programme de formation et de «remise à niveau» des enseignants. Même si l’opération risque de coûter cher à l’Etat. En tout cas, la facture sera bien moindre que celle engendrée par l’abandon scolaire au primaire, qui, à lui seul, coûte à l’État une perte sèche de près de 2,2 milliards de DH.
Quand on constate qu’une grande partie des enseignants ne sait pas manipuler correctement un outil informatique, et qu’une large proportion d’entre eux est de formation littéraire, mais donne quand même des cours en mathématiques, on se rend compte de l’urgence des actions à entreprendre.
Infrastructures désastreuses
L’état des infrastructures d’accueil des élèves est littéralement désastreux. Près de 9.000 salles sont déclarées insalubres. Dans le milieu rural, plus de 60% des écoles ne sont pas raccordées au réseau électrique, et plus de 75% ne sont pas raccordées au réseau d’eau potable. Plus de 80% ne disposent pas de sanitaires. Les besoins en collèges sont de l’ordre de 260 par an, alors qu’on en produit 90 actuellement. Résultat: des classes à plus de 40 élèves. Source:
L'Economiste Janvier 2008

La rentrée scolaire ne fait plus exception en matière de manuels scolaires.
À l'instar des années précédentes, le prix des fournitures grimpent sous l'effet des surenchères occasionnées par des programmes pédagogiques engagés dans le cadre de la réforme de l'enseignement.
Pour permettre à leurs enfants d'aller à l'école, certaines familles n'hésitent plus à se rabattre sur le marché de l'occasion ou sur des livres importés de Tunisie. Un secteur en pleine effervescence.
"Dis-moi combien tu gagnes et je te dirais quelles fournitures tu vas acheter". Ce langage populaire décrit parfaitement bien l'ambiance qui marque la rentrée scolaire chaque annee.
Dans les souks et autres places publiques, on ne parle que de la cherté des prix des manuels scolaires à tel point que l'on se demande s'il existe des mesures compensatoires pour permettre aux familles nombreuses d'envoyer leurs enfants à l'école. Et le marchandage ne fait que commencer à quelques jours seulement de l'ouverture officielle des classes..


L'Initiative un million de cartables "n'est pas une opération caritative" mais "procède d'une démarche d'efficacité", a indiqué le ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur, de la Formation des cadres et de la Recherche scientifique, M. Ahmed Akhchichine.
"Nous ne pouvons plus nous permettre de responsabiliser la seule famille ou la collectivité de proximité.
C'est une responsabilité sociale collective de tous les acteurs pour faire en sorte de garder les enfants à l'école au minimum jusqu'à 15 ans", a ajouté M. Akhchichine dans un entretien publié lundi par le quotidien +Le Matin du Sahara et du Maghreb+.
"Il est plus utile à la société qu'un enfant reste à l'école jusqu'à 15 ans que par rapport aux gains que la famille peut en tirer, y compris dans le monde rural où il n'y a pas de déficit de bras", a dit le ministre, pour qui "si un élève sort de l'école sans moyens de s'intégrer et de produire quelque richesse, c'est à la société de suppléer, c'est-à-dire à la collectivité de le prendre en charge".
Evoquant l'état des lieux de l'école marocaine, M. Akhchichine a souligné qu'il existe actuellement "une réelle volonté de mener jusqu'au bout la réforme". "Le programme d'urgence mis en place à ce sujet s'est fixé un plafond et un plancher", a-t-il relevé...

 



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